Si vous ne parvenez pas à visualiser cette lettre d'information, cliquez ici


Lettre d'information n°5 - novembre 2011

Dedans/Dehors est un outil d’information et d’accompagnement pour la culture en milieu pénitentiaire dans la région Rhône-Alpes. Sa rédaction est assurée par l’Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation (ARALD), dans le cadre de la mission de développement et d’accompagnement des actions culturelles en milieu pénitentiaire qui lui a été confiée par la Direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) Rhône-Alpes Auvergne et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Rhône-Alpes.

Atteindre le haut

Repères : Culture en prison :
préparation de la programmation culturelle de 2012

Le dernier trimestre de l’année est un moment clé pour les Services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) en ce qui concerne la programmation des actions culturelles des établissements pénitentiaires. Début janvier, les SPIP sont invités à transmettre à la DISP leur programmation culturelle pour 2012, avec les projets détaillés (fiches bilans et projets, présentations rédigées avec les structures culturelles, budgets prévisionnels).
L’ARALD est à la disposition des SPIP et de leurs partenaires culturels pour les accompagner dans cette phase de préparation des projets, notamment pour les actions où des cofinancements sont envisagés (DRAC Rhône-Alpes, Région Rhône-Alpes, CNL, etc.).

Partenariats régionaux pour le financement de la culture en milieu pénitentiaire

Des demandes de subvention peuvent être présentées par les partenaires culturels (en accord avec les SPIP) à la DRAC Rhône-Alpes, au titre du programme « Culture – prison », et à la Région Rhône-Alpes, au titre du FIACRE, volet médiation culturelle. Dedans/Dehors n°2 détaille le fonctionnement du partenariat avec la DRAC et la Région, ainsi que les critères d’attribution des subventions.

Lors de la réunion annuelle de présentation des projets culturels en milieu pénitentiaire, programmée en début d’année, les SPIP échangent avec les représentants de la DRAC, de la Région Rhône-Alpes, de certains Conseils généraux et d’autres partenaires sur les projets pour lesquels ils ont été sollicités financièrement. Les demandes présentées par les structures culturelles doivent être faites en accord avec le SPIP, et les budgets identiques à ceux présentés par le SPIP à la DISP.

Avant cette réunion annuelle, une première lecture des dossiers est faite par la DISP, en collaboration avec l’ARALD, afin d’alerter les SPIP sur les pièces manquantes et les ajustements de budget nécessaires.

DRAC Rhône-Alpes – Programme « Culture – prison »

Le site de la DRAC indique un dépôt des dossiers avant le 15 novembre 2011. Une tolérance est accordée jusqu’au 10 janvier 2012, dernier délai, pour le dépôt des dossiers complets, un premier contact devant toutefois être pris avant cette date.

Avant de déposer tout dossier à la DRAC Rhône-Alpes, il est utile de contacter Benoît Guillemont, conseiller pour l’action culturelle (04 72 00 44 81), notamment en cas de première demande.

Les dossiers doivent comporter une présentation du projet, un budget et, le cas échéant, le bilan de la précédente action soutenue. La rémunération des intervenants sera détaillée, le tarif horaire conseillé aux SPIP pour la rémunération des intervenants étant de 50 à 70 € TTC.

Région Rhône-Alpes – FIACRE – Volet médiation culturelle

Dépôt de la demande de financement : jusqu’au 9 décembre 2011 pour la première session du FIACRE, une seconde session est prévue au printemps 2012. Un descriptif complet et la liste des éléments à envoyer lors de la demande de subvention sont à télécharger sur le site de la Région.

Avant le dépôt du dossier, il est utile de contacter Lionel Chalaye et Rosa Gomes, service médiation et nouveaux publics (04 26 73 60 62).

Remarques sur les budgets

Sur un même projet, le SPIP veillera à ne pas solliciter à la fois la DRAC Rhône-Alpes et la Région Rhône-Alpes pour des demandes de moins de 1 000 €. En accord avec ces partenaires, une somme plus conséquente pourrait être demandée à l’un ou à l’autre afin de « décroiser » les financements. Il n’y a pas de montant plancher défini, mais il convient de prendre en compte le fait que la somme de 1 000 € représente un pallier en terme de gestion administrative des demandes de subvention.

L’ARALD est à la disposition des SPIP et de leurs partenaires culturels pour évoquer leurs projets et les dossiers de demande de subvention.

Centre national du livre – aides aux bibliothèques

Le Centre national du livre (CNL) propose différentes modalités de soutien aux bibliothèques, dont une subvention à la constitution d’un premier fonds et une subvention à un projet thématique. Des demandes peuvent être présentées pour les bibliothèques des établissements pénitentiaires.

Le partenariat entre le SPIP et une bibliothèque publique est essentiel pour construire un dossier argumenté, avec des listes d’acquisitions cohérentes, répondant aux besoins des détenus et correspondant aux critères du CNL. Le CNL peut accorder une subvention de 500 € au minimum et de 50 000 € au maximum.

Dedans/Dehors n°2 détaille les modalités à prendre en compte depuis 2011 pour la constitution des dossiers de demande de subvention.

Remarques pour la préparation des dossiers

- Avant de déposer un dossier de demande de subvention au CNL, il est important de se renseigner auprès du conseiller référent pour les bibliothèques des établissements pénitentiaires, Jean-Marie Hermel (01 49 54 68 75). Les demandes doivent être également envoyées à la conseillère pour le livre et la lecture de la DRAC Rhône-Alpes, Noëlle Drognat-Landré.

- Le CNL propose sur son site Internet des fiches méthodologiques (« Elaboration d’un projet thématique » et « Présentation d’un argumentaire dans l’élaboration de votre projet thématique »).

- Le CNL rappelle que les demandes de subvention et les listes d’acquisitions proposées pour les établissements pénitentiaires doivent prendre en compte les différents lecteurs. Les demandes seront conçues pour enrichir le fonds de la bibliothèque sur une ou plusieurs thématiques, mais également pour permettre une plus grande accessibilité de tous les détenus à ces fonds, en veillant, par exemple, à une diversité des niveaux de lecture.

Des exemples de thématiques soutenues financièrement lors de précédentes sessions sont présentées sur le site du CNL. L’ARALD dispose également de copies des dossiers aidés par le CNL, avec des exemples de thématiques, d’argumentaires et des listes d’ouvrages.

Trois sessions pour la remise des demandes de subvention en 2012 :
Dépôt avant le 31 janvier 2012 pour la 1ère session, avant le 31 mars 2012 pour la 2e, avant le 15 juin 2012 pour la 3e session.

Réunion de travail régionale
Pour faciliter la préparation des demandes d’aides au CNL en 2012, l’ARALD propose aux référents bibliothèques des SPIP ainsi qu’à leurs partenaires des bibliothèques publiques d’organiser une réunion de travail avec le conseiller du CNL référent pour les bibliothèques des établissements pénitentiaires. Cette réunion pourrait avoir lieu en février 2012 à Lyon dans les locaux de l’ARALD. Les services intéressés sont priés de se manifester auprès de l’ARALD avant le 9 décembre 2011.

Atteindre le haut

Infos

AUDIOVISUEL

Mime et système D mis en scène au Centre pénitentiaire d’Aiton


© Achromat – Système D
L’association Achromat est partenaire depuis 2007 du SPIP de la Savoie pour des interventions au Centre pénitentiaire d’Aiton. Au fil des années, l’association a mené avec les détenus différents ateliers de création pour la réalisation de fictions, de reportages, de films d’animation, ainsi que d’émissions radiophoniques. Achromat organise aussi régulièrement des projections-débats au Centre pénitentiaire et est impliquée dans le développement du futur canal vidéo interne. Les détenus ont réalisé un film muet en mai, ainsi qu’un film intitulé Système D, lors de l’atelier mené en juillet.

Chaque atelier de création s’articule autour d’échanges, d’apports théoriques et d’éducation à l’image, avant de passer à l’étape de réalisation. Le choix du cinéma muet répondait à une demande des détenus, désireux de réaliser une fiction et de jouer les acteurs. Le jeu burlesque a été travaillé avec le concours d’un intervenant proposant des ateliers clown au Centre pénitentiaire. L’implication des détenus a été facilitée par ce choix artistique, l’attention se concentrant sur la construction de la narration et l’interprétation, en évitant la barrière de la langue pour les non francophones. Le film Système D présente, sous la forme d’un reportage humoristique, les trouvailles des détenus pour aménager leur cadre de vie.

L’association Achromat reçoit le soutien de la DRAC Rhône-Alpes pour les actions culturelles menées en direction des détenus du Centre pénitentiaire d’Aiton.

Travail autour de la ville imaginaire avec l’atelier de cinéma populaire Grand Ensemble


Grand Ensemble
Drôle d’époque à
Babinouche-couli
Grand Ensemble est un « atelier de cinéma populaire » qui s’attache à rendre compte des réalités sociales dans leur complexité. Pour cette intervention à la Maison d’arrêt de Lyon-Corbas, la première mouture du projet a proposé aux détenus d’aborder la ville sous un angle « documentaire », avec des débats sur le renouvellement urbain. L’atelier, qui s’est déroulé durant deux semaines en août, a évolué vers la réalisation d’une fiction sur une ville imaginaire, intitulée Drôle d’époque à Babinouche-couli.

La première semaine a été consacrée à des improvisations verbales puis à l’écriture d’un scénario avec les détenus. Le second temps de l’atelier s’est concentré sur la recherche d’images, réalisée par les intervenants d’après les demandes des détenus, et la réalisation d’un premier montage par les participants. Les textes des détenus, lus en voix off, constituent le fil narratif du film. À travers la thématique de la ville imaginaire, on assiste ainsi à une mise en abyme décalée de l’enfermement, une « fantaisie ».

Grand Ensemble a reçu le soutien de la DRAC Rhône-Alpes pour ce projet mené à la Maison d’arrêt de Lyon-Corbas.


En bref

L’équipée, association pour le développement du cinéma d’animation dans la Drôme, est intervenue en octobre à la Maison d’arrêt de Valence pour un stage de réalisation avec les détenues.

L’équipée a reçu le soutien de la DRAC Rhône-Alpes pour ce projet mené à la Maison d’arrêt de Valence..


La Cie Apparemment (danse contemporaine) est intervenue en septembre auprès des détenues de la Maison d’arrêt de Lyon-Corbas pour un projet de vidéo-danse. Chaque participante a réalisé un vidéo-clip personnel.

L’association Les 2 maisons a présenté les deux premiers volets d’une série de films courts intitulés Tours de main aux États généraux du film documentaire de Lussas, les 26 et 27 août. Une création autour des gestes et jargons du travail et de la mémoire des corps.

L’association Les 2 maisons est soutenue par la DRAC Rhône-Alpes, la Région Rhône-Alpes, le Conseil général de l’Isère et la Fondation M6 pour les projets réalisés au Centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier et à la Maison d’arrêt de Varces.


ARTS PLASTIQUES

Création « De mémoire » avec le Musée d’art contemporain de Lyon (MAC)


© MAC - De mémoire
maquette réalisée par Brahim
Les Maisons d’arrêt de Lyon-Corbas et de Villefranche-sur-Saône ont accueilli en août la plasticienne Fabienne Ballandras et un médiateur du MAC de Lyon pour deux stages de création artistique, d’une semaine chacun. Le projet, intitulé « De mémoire, reconstruction d’un espace/souvenir », consistait à fabriquer une maquette d’après le souvenir d’un lieu extérieur à la maison d’arrêt, un lieu aimé, existant ou ayant existé. Cette maquette, conçue dans le but de produire une image photographique, a été réalisée par un détenu d’après la description d’un autre.

Ce projet, mettant en jeu la mémoire, la réflexion et l’imaginaire, s’est articulé autour de plusieurs phases : le souvenir, avec un travail de description et d’écriture ; la reconstruction, avec l’appropriation de la description faite par un autre détenu, puis le dessin d’un plan, le choix d’un « cadrage », d’un point de vue photographique à hauteur d’homme, comme image de référence pour la construction de la maquette. À l’issue des ateliers, les maquettes ont été détruites après avoir été photographiées. Ces ateliers s’inscrivent dans le cadre du partenariat du MAC de Lyon avec le SPIP du Rhône. Depuis 2001, des expositions et des interventions artistiques sont organisées en prison pour sensibiliser les détenus à l’art contemporain. Des visites du musée sont également proposées aux personnels des Maisons d’arrêt ainsi qu’à leurs familles. Deux visites sont ainsi programmées en novembre pour découvrir les expositions de la Biennale d’art contemporain.

Le Musée d’art contemporain de Lyon reçoit le soutien de la DRAC Rhône-Alpes pour les projets menés dans les Maisons d’arrêt de Lyon-Corbas et de Villefranche-sur-Saône.

Réalisation d’une fresque collective avec Melting Paint


© Melting Paint
croquis de la fresque
en cours de réalisation
Le collectif Melting Paint est intervenu cet été pour la réalisation d’une fresque collective et itinérante avec les détenu(e)s de la Maison d’arrêt de Bonneville. Le thème retenu pour la fresque était « La condition humaine en 2011 ». Après un premier travail de concertation et d’esquisse, des panneaux en contreplaqué ont été installés dans les cours de promenade pour deux sessions d’atelier de deux jours : l’une pour les femmes, l’autre pour les hommes.

La réalisation de la fresque s’est ensuite poursuivie sur le marché de Bonneville, puis dans un parc à Annemasse, dans le cadre du festival Fantasia. La fresque achevée sera de nouveau présentée à la Maison d’arrêt de Bonneville.

L’action a été proposée par l’association Label Vie d’ange, qui reçoit le soutien de la DRAC Rhône-Alpes, de la Région Rhône-Alpes, de la Direction départementale de la Cohésion Sociale pour le développement et la coordination des actions culturelles à la Maison d’arrêt de Bonneville, en partenariat avec le SPIP de la Haute-Savoie.

En bref

Séries et multiples avec le Musée d’art moderne de Saint-Étienne : en septembre-octobre, le Musée a proposé à la Maison d’arrêt de la Talaudière des ateliers autour de la notion de série et de reproduction des images. Les travaux des détenus ont été exposés dans la prison et les détenus ont pu présenter leurs créations lors du vernissage. D’autre ateliers sur ce thème sont prévus en novembre pour les détenues.

Le Musée d’art moderne de Saint-Étienne reçoit le soutien de la DRAC Rhône-Alpes et de la Région Rhône-Alpes pour ses actions menées à la Maison d’arrêt de la Talaudière.


SPECTACLE VIVANT

Théâtre et cirque avec le Théâtre de Privas

Le Théâtre de Privas a proposé des ateliers de pratique artistique autour du théâtre et du cirque aux détenus de la Maison d’arrêt de Privas (juin à août). La première séance de cet atelier a eu lieu sur le plateau du Théâtre de Privas, après visite et présentation des lieux.

Cette première étape de découverte a été très mobilisatrice, les détenus ayant suivi de manière assidue les ateliers au sein de la Maison d’arrêt, avant de présenter leur travail lors d’une restitution fin juin. Les ateliers de cirque ont eu lieu en juillet et août à la Maison d’arrêt, dans le cadre d’un partenariat du Théâtre de Privas avec La Cascade (Maison des arts du clown et du cirque).

Le Théâtre de Privas reçoit le soutien de la DRAC Rhône-Alpes pour les actions culturelles menées en direction des détenus de la Maison d’arrêt de Privas.

Marionnettes italiennes et escapade littéraire avec le festival L’Artpenteur :

Dans le cadre du festival L’Artpenteur, en juillet dernier, la compagnie de marionnettes italiennes Teatro Allegre a présenté Opinions d’un Polichinelle… c’est-à-dire d’un marionnettiste au Centre pénitentiaire d’Aiton. Le spectacle était précédé d’une présentation des marionnettes et d’une initiation à leur manipulation. Un groupe de détenus s’est ensuite rendu sur le site du festival, dans le Grésivaudan, l’idée étant de leur permettre de participer à cette manifestation, en les impliquant dans la dynamique associative et en leur proposant une expérience à partager avec les autres festivaliers.

Les détenus, accompagnés sur le site du festival par des conseillères pénitentiaires d’insertion et de probation du SPIP et un surveillant du Centre pénitentiaire, ont rencontré l’équipe et aidé aux derniers préparatifs. Le premier jour, le groupe a ainsi contribué au montage de scènes, à la préparation des repas et à l’accueil des festivaliers pour le spectacle « Marionnettes en quête d’animateurs », avant d’assister à la représentation. La seconde journée, le groupe a participé à Ecriturbulences, une marche-écriture en montagne.

En musique, avec le Festival Bô Mélange

Dans le cadre du Festival Bô Mélange de la MJC Nouveau Théâtre Beaulieu, le groupe Binobin est intervenu à la Maison d’arrêt de la Talaudière pour des ateliers de création musicale avec les détenus. Ces ateliers ont été l’occasion d’inviter pour un travail commun un groupe de femmes des quartiers Sud-Est de Saint-Étienne, déjà impliquées dans une démarche musicale avec le groupe depuis novembre 2010.

Binobin a proposé à ces différents participants de travailler à la fois sur les répertoires traditionnels du Maghreb, mais aussi sur des standards de la chanson française. Les ateliers ont donné lieu à un travail d’écriture de textes, de création musicale et d’interprétation, puis à une restitution organisée en juillet à la Maison d’arrêt.

La MJC Nouveau Théâtre Beaulieu a reçu le soutien de la fondation CBS pour ce projet..

En bref

Danser vers ailleurs : Les artistes Françoise Veilhan et Catherine Traoré ont mené cet été un atelier de danse et de musique africaine avec les détenues de la Maison d’arrêt de La Talaudière. Fin août, les stagiaires ont pu présenter leur travail accompagnées du groupe de musique africaine Wassasso.

L’association C’est pas des manières a reçu le soutien de la DRAC Rhône-Alpes pour ce projet.


LIVRE ET LECTURE

Nouveau partenariat pour la bibliothèque de la Maison d’arrêt de Privas

Depuis septembre, un nouveau partenariat a été initié avec la Médiathèque municipale de Privas, en complément du soutien apporté par la Bibliothèque départementale de prêt (BDP) de l’Ardèche.

L’équipe des bénévoles assurant les permanences et la gestion de la bibliothèque cherche également à s’étoffer et le fonds de la bibliothèque de la Maison d’arrêt a été informatisé cet été. De nouveaux projets sont en réflexion, notamment le réaménagement de l’espace de la bibliothèque avec un prêt de mobilier par la BDP de l’Ardèche.

Atelier d’écriture à la Maison d’arrêt de Lyon-Corbas

Une résidence de création a été menée en 2010/2011 par le Théâtre Narration, pour la mise en scène de Désarmés, en collaboration étroite avec les bibliothèques de Mions, Anse et Condrieu. La Médiathèque de Mions a proposé d’intégrer la Maison d’arrêt de Lyon-Corbas à ce projet.

L’auteur de Désarmés, Sébastien Joanniez, a réalisé un atelier d’écriture avec les détenus en juillet. Le spectacle, issu du travail de résidence et intégrant dans la mise en scène les échanges avec les habitants des trois territoires, a été présenté en octobre.

Le spectacle Désarmés est créé dans le cadre du dispositif « Un texte, un auteur, une compagnie » de la Médiathèque départementale du Rhône.

Aide du CNL pour la bibliothèque de la Maison d’arrêt de Chambéry

En 2011, l’association Culture, éducation et sport a présenté une demande d’aide thématique pour la bibliothèque de la Maison d’arrêt de Chambéry. Le CNL a souligné la qualité de la préparation du dossier et accordé une subvention de 840 euros, soit 80% du budget global (1056 euros).

Les deux thématiques développées sont « Jeux de formes, jeux d’écriture » et « Géographie, géopolitique ». La Médiathèque de Chambéry a épaulé la coordinatrice des actions culturelles de la Maison d’arrêt (en service civique volontaire à l’association Culture, éducation et sport) pour l’élaboration des listes d’ouvrages.

En bref :

La 10e édition du « Polar derrière les murs » est en préparation : cette opération est proposée à tous les établissements pénitentiaires de Rhône-Alpes par l’ARALD, Savoie-biblio et Ocre bleu en partenariat avec le festival lyonnais Quais du Polar.

PATRIMOINE

Ateliers photographiques à la découverte du patrimoine urbain de Chambéry

Le Centre d’interprétation de l’architecture et du Patrimoine (CIAP) de Chambéry s’est engagé aux côtés du SPIP de la Savoie et de l’association Culture, éducation et sport pour mener un projet artistique autour du patrimoine urbain de Chambéry. Cette première collaboration s’est traduite par un stage photographique coanimé par la photographe Isabelle Fournier et l’animatrice de l’architecture et du patrimoine du CIAP.

Le stage s’est déroulé en partie à la Maison d’arrêt et, pour les prises de vue, dans trois quartiers de Chambéry riches en termes de patrimoine et d’histoire : le centre-ville historique, le quartier du Biollay et Chambéry-le-Vieux.
Après une première présentation de la ville et de ses évolutions par le CIAP, les détenus ont été invités à livrer leur regard sur Chambéry par le biais de la photographie, dans le but de réaliser une exposition. Trois après-midi de sortie avec les détenus ont été organisées, et le travail sur les images s’est poursuivi à la Maison d’arrêt. Les photographies retenues ont été imprimées sur des bâches et seront exposées à la Maison d’arrêt pendant les mois d’octobre et de novembre, pour ensuite être présentées de décembre à février au CIAP et à la MJC de Chambéry.

Le CIAP a reçu le soutien de la DRAC Rhône-Alpes pour ce projet.

Journées européennes du Patrimoine : visite du Théâtre de Villefranche

Le Théâtre de Villefranche est partenaire du SPIP du Rhône et intervient régulièrement au sein de la Maison d’arrêt, en proposant des spectacles, des stages de création artistique autour du théâtre, du cirque, de la musique, etc. Ces dernières années, le Théâtre a enrichi ses actions en proposant des rencontres avec les professionnels de son équipe. (Lire+) Ces échanges ont un écho particulier lors des Journées européennes du Patrimoine : pour la deuxième fois cette année, le Théâtre a ouvert ses portes à des détenus pour une visite de l’envers du décor, mais aussi pour assister à une répétition. Le Théâtre de Villefranche reçoit le soutien de la DRAC Rhône-Alpes pour les actions culturelles menées à la Maison d’arrêt.

Ces échanges ont un écho particulier lors des Journées européennes du Patrimoine : pour la deuxième fois cette année, le Théâtre a ouvert ses portes à des détenus pour une visite de l’envers du décor, mais aussi pour assister à une répétition.

Le Théâtre de Villefranche reçoit le soutien de la DRAC Rhône-Alpes pour les actions culturelles menées à la Maison d’arrêt.


DIVERS

Les Dix mots et Rousseau : « Dis-moi dix mots qui te racontent »

L’édition 2011-2012 de la Semaine de la langue française et de la francophonie, manifestation proposée par le ministère de la Culture et de la Communication, met à l’honneur Jean-Jacques Rousseau à l’occasion du tricentenaire de sa naissance. La liste des « dix mots » 2012 a été choisie dans son œuvre, sous le signe de l’intime : « âme, autrement, caractère, chez, confier, histoire, naturel, penchant, songe, transports ». Les établissements pénitentiaires et leurs partenaires culturels sont invités à participer à cette opération.

En Rhône-Alpes, de nombreuses actions sont menées autour des « dix mots ». L’Espace Pandora, opérateur délégué par la DRAC Rhône-Alpes pour coordonner la manifestation, lance chaque année un appel à contributions et organise avec le comité de pilotage régional des temps de rencontre professionnels (journée d’échanges régionale à l’automne pour préparer l’édition à venir) ou festifs (« Les Dix mots font la fête ! », journée de valorisation des projets artistiques réalisés).

Une table ronde, « Se dire en milieu carcéral », a eu lieu lors de la journée de rencontre régionale du réseau (le 6 octobre aux Archives municipales de Lyon). Des projets artistiques réalisés en prison avec les « dix mots » ont été présentés par les SPIP de la Savoie et de l’Isère, les artistes Antoine Louisgrand (plasticien qui a mené en 2011 une résidence autour du dessin dans un bâtiment de détention du Centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier) et Hassan Guaid (poète musicien qui a mené différents ateliers d’écriture avec les détenus des établissements pénitentiaires du Rhône).

Proposition de service civique pour la coordination des activités culturelles

Le service civique permet à une personne de 16 à 25 ans de s’engager, pour une période déterminée, dans une mission en faveur de la collectivité. Les SPIP du Rhône et de l’Ain recherchent des personnes souhaitant s’investir dans la coordination des activités culturelles de la Maison d’arrêt de Lyon-Corbas (lire l’annonce), et du Centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse (lire l’annonce). Un recrutement a eu lieu récemment dans le cadre d’un service civique pour la coordination des actions culturelles de la Maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône.

PARUTION

Actes du colloque « Patrimoine et mémoire collective »

L’association Cultures, publics et territoires a publié sur son site les actes du colloque « Patrimoine et mémoire collective : quelles actions pour les personnes placées sous main de justice ? ». Organisé en septembre 2010 à Paris, ce colloque avait pour objet de favoriser le développement de partenariats Patrimoine / Justice et des projets avec les personnes placées sous main de justice.

Sont également disponibles sur le site de Culture, publics et territoire : une émission radio réalisée pendant le colloque, une présentation du réseau des Villes et Pays d’art et histoire, l’enquête qualitative « Évaluer un dispositif artistique et culturel en milieu pénitentiaire » réalisée par le Musée du Louvre, ainsi que de nombreux témoignages sur les projets patrimoniaux développés en direction des personnes placées sous main de justice (dans la partie « banque de projets » du site, accessible sur inscription).

Le Petit Peuple des guetteurs, Yves Henri et la création partagée

En présentant la démarche artistique d’Yves Henri au travers de l’ensemble de sculptures que composent les « guetteurs », ce livre, édité dans la collection « Politiques culturelles » des éditions de la Passe du Vent, interroge le concept de « création partagée ». À l’aide de nombreux documents, entretiens et témoignages l’ouvrage revient sur cette conception de l’art et de la société qui cimente le travail de l’artiste. Pour Yves Henri, en effet, « toute réalisation artistique ne peut l’être que s’il y a eu échanges, rencontres avec un groupe. Un groupe pas forcément initié au départ à la chose artistique.». Un chapitre complet est consacré au projet de création jumelée de guetteurs à la Maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône et au Musée d’art contemporain de Lyon (MAC) mené en 2003.

De cette « révolution à basse température », pour reprendre les termes d’un détenu, naîtront, après une année de travail, trois sculptures : « le guetteur guetté », perché sur l’un des pylônes du mur d’enceinte de la prison, guetté par une seconde sculpture réalisée par les détenus et installée à l’extérieur de la prison , ainsi qu’un guetteur juché sur la façade du MAC.
L’effervescence autour de ce projet et l’implication des participants attirera l’attention de l’atelier audiovisuel de la prison, mené alors par le collectif Les Inattendus. Le film Un guetteur guetté sera réalisé par Béatrice Dubell et suivra la création des guetteurs, pour être au plus proche de l’intention d’Yves Henri : « L’essentiel est dans le processus de création et seuls ceux qui participent peuvent témoigner de cet essentiel. La réalisation n’en est qu’une trace » .
À l’instar de ses pairs, le Guetteur guetté a fait l’objet de nombreux débats, polémiques et concertations entre les différents participants, qu’il s’agisse de l’artiste avec le groupe de détenus, ou des institutions culturelles et pénitentiaires. Il pose avec évidence la question de la relation du « dedans » avec le « dehors ». Visible tant de l’extérieur que de l’intérieur, dérangeant pour les uns, « subversion douce » pour les autres, le Guetteur guetté se fait le témoin de ses créateurs et de la prison, au-delà des murs.

Le Petit Peuple des guetteurs, Yves Henri et la Création partagée, sous la direction de Michel Kneubühler, collection « Politiques culturelles et territoires », La Passe du Vent, 2011, 144 p., 12 €.

AGENDA

- Dépôt des dossiers « Culture - prison » à la DRAC Rhône-Alpes avant le 15 novembre. Une tolérance est accordée pour un dépôt des dossiers jusqu’au 10 janvier 2012 (contact préalable du conseiller action culturelle obligatoire).
- Rencontres, projections et expositions dans le cadre des 18e Journées Nationales Prison du 21 au 26 Novembre 2011.
La Médiathèque de la communauté de communes Faucigny-Glières accueillera une restitution d’un projet mené par la Maison d’arrêt de Bonneville et l’association En passant par la montagne. Au programme : une exposition photo et la projection d’un film réalisé par Label Vie d’Ange et monté par les détenus de l’atelier audiovisuel de la Maison d’arrêt, sur l’ascension d’un sommet du massif du Mont-Blanc par deux détenus.
Projection du film d'animation La danseuse étoile et son mécano le 21 novembre au cinéma Le France. Ce film a été réalisé en juillet dernier par les détenus de la Maison d'arrêt de La Talaudière, dans le cadre de l'atelier de création vidéo animé par le cinéma Le France.
- Dépôt du dossier FIACRE à la Région Rhône-Alpes avant le 9 décembre 2011 pour la première session 2012.
- Dépôt des demandes de subvention au CNL pour la constitution d’un premier fonds ou les projets thématiques avant le 31 janvier (pour la première session 2012).
- Réunion annuelle de présentation des projets culturels des établissements pénitentiaires, à l’intention des SPIP de Rhône-Alpes, fin janvier-début février 2012 à la DRAC Rhône-Alpes (Lyon).

Atteindre le haut

La lettre d'information Dedans/Dehors est réalisée par l'Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation (ARALD), dans le cadre de la mission de développement et d'accompagnement des actions culturelles en milieu pénitentiaire qui lui a été confiée par la Direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) Rhône-Alpes Auvergne et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Rhône-Alpes.

Rédaction : Laetitia Mendez

L'Arald est financée par la Région Rhône-Alpes et la DRAC Rhône-Alpes.




          

Vous recevez cette lettre électronique car nous pensons que notre démarche peut vous intéresser. Selon les usages, les textes en vigueur (loi 78-17 du 06/01/78 CNIL) et par déontologie, vous disposez d'un droit d'accès et de rectification aux données vous concernant et vous pouvez vous désinscrire sur simple demande à : dedans-dehors@arald.org. Votre adresse sera définitivement supprimée dans les plus brefs délais.